Le monde à l’envers… Watson vs. Mickelson
Non, mon titre ne fait pas référence au fait qu’ils soient tous les deux gauchers…
D’une part, c’est parce que le tournoi Farmers Insurance Open de la fin de semaine dernière fut très excitant à suivre. Il me semble que ça faisait un certain temps qu’on n’avait pas vu une telle finale. En amorçant le dernier 9 trous, plusieurs gros noms étaient encore dans la course, dont la brigade américaine composée d’Antony Kim, d’Hunter Mahan, de Dustin Johnson et de Phil Mickelson. Sans oublier la recrue vénézuélienne Jhonattan Vegas qui continuait de planer sur sa victoire à la Classique Bob Hope de la semaine précédente.
Je sais, tout le monde aurait aimé voir Tiger Woods faire partie du sprint final, mais soyez sans crainte, ce n’est que partie remise et il sera certainement prêt pour le premier grand rendez-vous à Augusta dans quelques semaines.
Faisons tout d’abord un petit retour dans le temps et retournons l’an dernier lors du Championnat de la PGA oû Bubba Watson avait terminé en tête… ex aequo. Alors qu’il était en prolongation avec Martin Kaymer, son coup de départ a terminé sa course dans l’herbe longue et charnue du parcours de Whistling Straits (Wisconsin), tout comme son compagnon de jeu. Tout le monde se souvient certainement de la suite, où Martin Kaymer s’est sagement replacé dans l’allée alors que Bubba Watson a tenté d’y aller pour le vert et s’est retrouvé en assez mauvaise posture pour perdre le tournoi.
Ces deux retours en arrière nous permettent certainement de mieux comprendre comment les deux golfeurs devaient se sentir mentalement à la fin du tournoi. Watson, en arrivant à sa balle pour effectuer son deuxième coup, a certainement dû évaluer les risques d’une autre façon qu’il l’a fait lors du dernier tournoi majeur (cela dit, je n’ai pas de dons de « voyant » ou de « médium », mais voici mon interprétation).
Le premier paramètre à considérer est le fait qu’il était en avance d’un coup et que sa confiance était très élevée puisqu’il venait tout juste de réussir un rouler au 17e trou pour le birdie. Même si on ne doit pas vivre dans le passé, Bubba Watson a certainement considéré où pourrait se retrouver sa balle s’il effectuait un mauvais coup et quelles en seraient les conséquences. Une fois que tous ces paramètres ont été évalués, l’idée du golfeur est désormais faite et il n’est plus question de revenir en arrière.
Pour ceux qui ont lu l’article sur la visualisation (http://www.jegolf.ca/terrains-de-golf-suivre-son-plan-de-match/), vous savez certainement que rendu à ce stade de préparation, mieux vaut se concentrer sur le coup à jouer et visualisez exactement la trajectoire de la balle puisque le moindre doute peut avoir des conséquences désastreuses (je parle par expérience ici…).
Il s’est donc exécuté et a finalement réussi son deuxième birdie de suite pour s’emparer d’une avance de deux coups sur Phil Mickelson.
De son côté, Phil Mickelson a également fait face au même genre de situation sur le parcours du Winged Foot en 2006 lors du U.S. Open. Phil Mickelson était confortablement installé en tête au départ du 18e trou avec un coup en poche. Le puissant gaucher a tout de même utilisé son driver pour amorcer sa marche finale tel qu’il l’a fait tout au long de la ronde, mais le résultat fût pratiquement identique aux autres trous. La balle a rebondi sur le toit d’une tente de commanditaire et s’est retrouvée dans le bois à gauche. Téméraire, il tenta ensuite de s’avancer le plus possible avec une longue slice, frappa un arbre pour un avancement total de 25 verges. Il tenta la même chose sur le coup suivant et le résultat final fut un double-bogey et il perdit le tournoi par un coup.
Ce petit retour en arrière nous permet de mieux comprendre pourquoi Phil Mickelson a décidé de jouer un coup de placement sur le 72e trou du tournoi Farmers Insurance Open. On peut penser qu’il n’avait certainement pas l’intention de faire le même commentaire que lors du U.S. Open alors qu’il avait mentionné : « je suis un idiot ! ».
Bubba Watson a réussi son birdie, forçant ainsi Phil Mickelson à caler son coup de wedge d’une distance d’environ 70 verges. Tout le monde sait qu’il y a un seul homme sur la planète pouvant faire ce coup d’éclat (peut-être deux avec Tiger Woods)… Il demanda donc à son caddie d’aller au fanion et de porter attention lorsque la balle arriverait près du trou.
Il ne l’a pas réussi, mais pour ceux qui ont vu les dernières minutes du tournoi, on peut quand même dire qu’il a quand même passé très près…

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